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Projet JDID, co-construire l’urbanisme durable à Tunis

Expérimenter. Dans le cadre de la Semaine des Transitions de l’Initiative, l’association des universités lauréates d’un I-Site, l’Université Gustave Eiffel propose un tour d’horizon de ses différents projets et programmes de recherche. Aujourd’hui, nous nous intéressons à un projet international, le projet JDID, autour de l’aménagement urbain du Grand Tunis.

Le projet JDID (Jalons pour un Développement Immobilier Durable, ou « nouveau » en arabe) accompagne, par une série d’ateliers universitaires, les institutions tunisiennes dans le déploiement de pratiques d’urbanisme plus durables, à même de répondre aux défis environnementaux et aux évolutions de la société tunisienne. L’Université Gustave Eiffel, à travers l’EIVP (École des Ingénieurs de la Ville de Paris) et l’Ecole d’urbanisme de Paris et l'Université de Carthage se sont engagées dans cette démarche en partenariat avec l’ONU-Habitat Tunisie afin de répondre à des besoins exprimés par la SNIT (Société nationale immobilière de Tunisie) et la ville de Tunis. Le projet rassemble uniquement des partenaires publics dans l’optique de construire des connaissances ensemble pour répondre à un besoin de logement accessible, dans une logique d’accès à la propriété. 


Il est porté par la chaire ISCI MENA (Social innovation and international cooperation with impact for the liveability of cities and territories in the Middle East and North Africa, traduit par « Innover Socialement pour des Villes Durables au Moyen-Orient et en Afrique du Nord » en français), dont il est le premier projet. Cette chaire est le fruit d’un partenariat entre l’ONU Habitat et l’Université Gustave Eiffel. Officialisée au Caire en novembre 2024 lors de la 12ème édition du Forum Urbain Mondial, il s'agit de la toute 1re chaire universitaire co-fondée par l'ONU-Habitat. Retrouvez notre article sur la création de cette chaire.
 

Le travail effectué dans le cadre du projet JDID vise deux quartiers spécifiques de Tunis, El Agba 1 et El Agba 2. Le premier est un quartier construit en 2010 par la SNIT (Société nationale immobilière de Tunisie, premier opérateur public de construction de logements en Tunisie) autour d’une politique d’accès à la propriété, et le second est en préparation sur un terrain de 53 hectares.


Le projet JDID concerne donc à la fois l’aménagement de logements existants et la conception de nouveaux logements. Le projet s’intéresse principalement à la question de l’adaptation de ces logements aux effets du réchauffement climatique, particulièrement les problèmes de chaleur et de ressources en eau. Le projet JDID ambitionne de produire des outils opérationnels, réplicables à destination des acteurs publics de la fabrique urbaine.

Il se découpe en trois jalons : 

  • Le 1er, en 2022, en architecture et ingénierie, étudie le terrain nu d'El Agba 2 et ses problématiques (ravines, Oued et inondations).
  • Le 2ème, en 2024, en urbanisme, apporte des recommandations sur l'habitat, les conditions de vie et l'accès aux services à partir d'une analyse socio-urbaine des habitants d'El Agba 1.
  • Le 3ème, en 2025, en architecture et ingénierie, se concentre sur la faisabilité des solutions d’un quartier éponge pour le nouveau quartier El Agba 2 (réemploi des eaux grises, phytoremédiation, toits terrasses éponges, etc.).
     
La méthode du projet JDID


Ce travail se traduit par divers ateliers et études universitaires menés de concert avec l’Université Gustave Eiffel (EIVP / Département Génie Urbain / EUP) et l’Université de Carthage (ENAU et ISTEUB : écoles d’architecture, d’urbanisme, de technologie et de construction). Un chantier-école est mis en place pour accueillir les étudiants français et tunisiens pendant des sessions intensives autour de l’un des trois jalons. La méthode de travail privilégiée ici est celle de la « challenged-based education » qui consiste à faire travailler les étudiants sur des situations réelles avec des enjeux concrets. 


Un de ses ateliers a eu lieu en octobre dernier. Il portait sur l’architecture de la zone d’El Agba 2 et visait à interroger les formes d’habitat collectif adaptées au contexte climatique tunisien et à proposer des dispositifs architecturaux favorisant le confort bioclimatique en intégrant l’eau et la végétation comme infrastructures de rafraîchissement et de résilience. 
 

Les travaux du workshop JDID d’octobre, organisés à Tunis, démontrent la capacité d’une approche collaborative et interdisciplinaire à dégager des solutions ambitieuses pour les partenaires. Les planches et travaux, loin d’être des exercices purement académiques, constituent un corpus pertinent et complet d’architectures et de scénarios d’aménagement inscrit au cœur de la géographie et des us des Tunisiens au regard des enjeux climatiques contemporains.


Pour Amina Béji-Bécheur, vice-présidente internationale de l’Université Gustave Eiffel et coordinatrice de la chaire ISCI-MENA pour l’université, « Le projet JDID propose une expérience formatrice pour les étudiants comme pour les enseignants, en les faisant travailler en conditions réelles sur un terrain qu’ils ne connaissent pas. C’est une expérience qui décentre, nous confronte à des approches et des contextes différents et nous permet d’innover. C’est aussi une méthode pour travailler avec des partenaires internationaux, académiques mais également des organisations non gouvernementales, des entreprises et des villes dans d’autres pays. »
 

Pour plus d’informations sur le projet JDID consultez le site internet de la chaire ISCI-MENA.
Retrouvez les autres publications de la semaine des transitions.
 

Publié le 25 mars 2026