Journée mondiale du braille : travailler à l’université en étant non-voyant
Travailler dans un environnement universitaire en étant non-voyant, c’est faire face chaque jour à des situations parfois complexes et souvent imprévues. Il faut anticiper, trouver des solutions, s’adapter en permanence pour que le travail puisse se faire dans de bonnes conditions. « Chaque journée est différente, il y a toujours quelque chose à régler, que ce soit un aménagement matériel ou une difficulté rencontrée par un collègue », explique-t-il.
Chargé de mission accessibilité et prévention à l’université Gustave Eiffel, il œuvre pour que chacun puisse exercer ses missions dans des conditions adaptées. Son travail repose sur une collaboration constante avec de nombreux acteurs : collègues, services techniques, direction. « On n’est pas là pour se compliquer la vie les uns les autres, mais pour que chacun puisse faire son travail. Quand je repère un problème, je le signale et on cherche ensemble une solution », précise-t-il. Sa priorité reste la réactivité : « On n’a pas toujours le luxe d’attendre des semaines ou des mois. Quand un agent a besoin d’un matériel, il faut qu’il soit disponible rapidement, sinon tout se bloque. »
L’accessibilité demeure un défi quotidien. Il souligne que de nombreux projets, qu’ils soient architecturaux ou numériques, sont encore pensés sans intégrer suffisamment les besoins des personnes en situation de handicap. « Parfois, ce sont des détails qui paraissent anodins, mais qui compliquent tout pour nous : un aménagement mal conçu, un logiciel inutilisable… Ce sont de petites choses, mais leur impact est énorme. »
L’accessibilité numérique, en particulier, reste un chantier important. Certains outils et plateformes ne sont pas encore pleinement adaptés, même si des avancées sont en cours, notamment à travers l’élaboration du schéma directeur du handicap, pour rendre l’université progressivement plus accessible.
Il évoque également les idées reçues et les incompréhensions qui persistent. Certains collègues perçoivent encore les aménagements comme des privilèges. « En réalité, les personnes qui ont réellement besoin d’aménagements sont souvent les moins visibles. Et il faut parfois rappeler que ces dispositifs ne sont pas des avantages, mais des conditions indispensables pour pouvoir travailler. »
Malgré les obstacles, il conserve une énergie et un engagement forts. Chaque amélioration, même modeste, représente pour lui une avancée concrète vers une université plus inclusive. « On ne parle pas seulement de procédures ou de réglementation, mais de personnes et de missions à accomplir. Chaque aménagement compte, parce qu’il permet à quelqu’un de faire son travail correctement. »
Son témoignage rappelle que le handicap n’est pas une limitation en soi, mais qu’il met en lumière les limites d’un environnement encore imparfaitement adapté. Il souligne surtout l’importance de la vigilance collective, de la coopération et de la sensibilisation pour construire une université réellement accessible à toutes et tous.
Publié le 14 janvier 2026.