Concevoir une mobilité partagée plus durable et équitable, adaptée aux territoires : le projet FlexiShare

La France et la plupart des pays européens disposent de réseaux de transports publics conséquents. La logique de décarbonation des transports face aux impératifs environnementaux nous pousse à poursuivre cet effort qui se heurte à un obstacle. Si les centres urbains sont bien reliés, l’accès à ces centres urbains est toujours très dépendant de la voiture individuelle, ce qui entraîne des problèmes d’émission carbonée et de congestions du réseau routier. Pour résoudre ces problèmes, des solutions comme le covoiturage sont envisagées. Le projet FlexiShare vise à comprendre les modalités des systèmes de covoiturage et à en développer de nouveaux modèles répondant aux besoins des utilisateurs et des opérateurs.
Pour Negin Alisoltani : « Ce projet permettra de mieux comprendre les conditions dans lesquelles des solutions comme le covoiturage et l’autopartage peuvent compléter les réseaux de transports publics, notamment pour les déplacements de premier et dernier kilomètre, c’est-à-dire pour faciliter l’accès aux transports en commun depuis le domicile et rejoindre la destination finale lorsqu’elle n’est pas directement desservie. Le déploiement à grande échelle de ces systèmes reste aujourd’hui complexe et dépend fortement des territoires, des comportements des usagers et des conditions d’exploitation. Le rôle de la recherche est donc de mieux comprendre ces mécanismes et de proposer de nouvelles solutions adaptées aux différents contextes. »
FlexiShare (Mobilité partagée équitable pour des villes durables) est un projet ANR JCJC sélectionné dans le cadre de l’AAPG 2026. Il vise à développer de nouvelles méthodes pour concevoir des systèmes de mobilité partagée plus durables, plus équitables et mieux adaptés aux différents territoires.
Le projet s’intéresse notamment aux services de covoiturage, d’autopartage et aux solutions partagées de premier et dernier kilomètre en lien avec les transports publics. Il combinera l’analyse des comportements des usagers, la modélisation de la demande, la simulation multimodale, l’optimisation sous incertitude ainsi que des stratégies de tarification et d’incitation.
L’un des objectifs centraux est de mieux comprendre dans quelles conditions les solutions de mobilité partagée peuvent réellement réduire la dépendance à la voiture individuelle, améliorer l’accessibilité et contribuer à la réduction des impacts environnementaux, tout en veillant à ce que leurs bénéfices soient répartis de manière équitable entre les territoires et les différents profils d’usagers.
Le projet est lancé pour une durée de quatre ans et s’intéressera à différents terrains d’étude en France métropolitaine et sur l’île de la Réunion, permettant ainsi de travailler sur des terrains plus ou moins ruraux et dans des territoires avec des organisations du réseau de transport différents. Ces études devraient permettre de développer des solutions à même d’être déployées à grande échelle. Bien que FlexiShare soit un projet JCJC porté par Negin Alisoltani, les travaux s’appuieront également sur des collaborations nationales avec des chercheurs du GRETTIA, ainsi que sur des partenariats internationaux, notamment avec Michigan State University et la Technical University of Denmark, et sur une collaboration avec une entreprise spécialisée dans le covoiturage.