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Réinventer les rails à moindre coût : le pari de la Ferromobile

En France, près de 6 000 kilomètres de voies ferrées restent inutilisés, menaçant jusqu’à la moitié des petites lignes de fermeture. Pour répondre à cet enjeu, la Ferromobile, soutenue par le plan France 2030, propose une solution innovante pour désenclaver les territoires à moindre coût. En 2026, le projet entre dans une nouvelle phase d’expérimentation à grande échelle.

 

Développée par la SICEF avec plusieurs partenaires industriels et académiques dont l’Université Gustave Eiffel, la Ferromobile est un véhicule électrique autonome capable de circuler sur route comme sur rail. Basée sur un PeugeotTraveller équipé de roues ferrées, elle peut transporter jusqu’à sept passagers, atteindre 100 km/h et fonctionner sans conducteur, avec un système de freinage d’urgence intégré. Les véhicules peuvent circuler en convoi, à la demande, via réservation sur téléphone mobile.

Après des premiers essais réalisés entre 2023 et 2024 en Gironde, une expérimentation à grande échelle a débuté en février 2026 dans le Puy-de-Dôme, entre Courpière et Vertolaye, sur une ligne du Livradois-Forez. L’objectif : démontrer qu’il est possible de remettre en service des lignes pour environ 200 000 euros du kilomètre — contre jusqu’à 2 millions pour une rénovation ferroviaire classique — tout en préservant le patrimoine ferroviaire existant.

Au sein de l’Université Gustave Eiffel, les laboratoires COSYS (Laboratoire sur la Perception, les Interactions, les Comportements et la Simulation des usagers de la route et de la rue)/ESTAS (Évaluation des Systèmes de Transport Automatisés et de leur Sécurité) développent un module d’optimisation en temps réel pour la gestion du trafic et la sécurité, notamment aux passages à niveau, tandis que les laboratoires COSYS/LEOST (Laboratoire Électronique Ondes et Signaux pour les Transports) travaillent sur les télécommunications et le positionnement. Deux thèses accompagnent également le projet, portant sur la sécurité des véhicules ferroviaires autonomes et la formalisation logicielle du système.

Si les phases d’essai sont concluantes, une seconde expérimentation impliquant des usagers est prévue courant 2026, avant un possible déploiement commercial à l’horizon 2028. L’ambition souhaitée est d’offrir une alternative durable et flexible pour reconnecter les territoires aujourd’hui privés de transport ferroviaire.

Publié le 26 février 2026