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Le laboratoire Geoloc champion de la géolocalisation intérieure

Malin (2).jpg © Valérie Renaudin

Après trois ans d’épreuves, le Challenge MALIN (Maîtrise de la Localisation Indoor) lancé par l'ANR et la DGA s’est achevé. Finalité de ce défi national : faire progresser les technologies de localisation intérieure quand les signaux de positionnement par satellites (GNSS) viennent à manquer. Le consortium CyborgLOC, dont fait partie le laboratoire Géoloc de l'Université Gustave Eiffel, a obtenu des performances inégalées.

« C’était une surprise... Je sais que nous faisons un très bon travail en laboratoire et que nous avons une réputation internationale mais dans ces conditions et vu la complexité de l’environnement, je ne m’attendais pas à ce que l’on fasse aussi bien… » Directrice du laboratoire Geoloc, Valérie Renaudin partage sa satisfaction à l'annonce des résultats du challenge MALIN organisé par l'ANR (Agence nationale de la recherche) et la DGA (Direction générale et de l’armement). La chercheuse de l'Université Gustave Eiffel a en effet participé à cette « coopétition » (coopération et compétition) nationale au sein de CyborgLOC, un consortium associant son laboratoire à l’entreprise SGME. Pour mieux comprendre la prouesse réalisée par cette équipe, revenons en février dernier, lors de la dernière épreuve du challenge organisée sur le site du centre EPIDE de Bourges-Osmoy.

Les yeux rivés devant deux écrans géants, les membres de CyborgLOC observent avec attention un point rouge se déplacer en temps réel sur une carte. Sur l’autre écran, des caméras retransmettent le parcours d'un fantassin. Ce dernier évolue sur un parcours créé de toutes pièces par la DGA. Il est équipé d'un "système de géolocalisation adaptatif, utilisant la reconnaissance du mouvement et de l’environnement pour l’ordonnancement des traitements", des capteurs embarqués qui communiquent avec une plateforme et mettent en œuvre des algorithmes de machine learning. Le fruit de trois ans de travail.

À ce fantassin rien n’est épargné : roulades, courses, souterrains étroits, tractions, nuages de fumée, salle de miroirs, tapis roulant… L’objectif est de mettre à rude épreuve le système de géolocalisation et de déterminer ses facultés à transmettre des données fiables dans des conditions extrêmes. À cet instant les dés sont jetés : l’équipe CyborgLOC ne peut qu’observer les performances de sa solution dans cet environnement de brouillage électromagnétique. Malgré quelques sorties de routes, auxquelles les 5 autres consortiums n’ont pas échappé, l’équipe a tiré son épingle du jeu. Elle affiche des résultats excellents, avec des marges d’erreurs d’à peine 1%. Autrement dit, sur un parcours de 100 mètres, un seul mètre différait entre le positionnement réel du fantassin et l’estimation de la solution.

Ces performances sont le résultat de choix forts : "Nous avons décidé de nous passer de caméras - très à la mode aujourd’hui mais bien moins robustes - pour se concentrer sur une technologie liée à la biomécanique de la marche." Le procédé de CyborgLOC repose notamment sur un capteur fixé sur le pied du fantassin qui calcule la position de l’individu à partir d’algorithmes et de mouvements préenregistrés. Les phases d’appui au sol permettent au capteur de réajuster les erreurs éventuelles par rapport à un point de référence.

Forte de cette expérience, Valérie Renaudin a décidé de passer à la vitesse supérieure en créant, en mai dernier, la startup Nav4You à Bouguenais (44), avec Johan Perul, ingénieur topographe, chargé de recherches à Geoloc. La solution développée pour le challenge MALIN fonctionne toujours avec un capteur au pied mais cette fois-ci connecté à un smartphone. Ce dispositif innovant intéresse déjà de nombreux industriels et devrait être prochainement mis en application pour les pompiers.

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