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Étude sur les discriminations dans l’accès aux masters

À l’occasion du lancement par l’Université Gustave Eiffel de l’Observatoire National des Discriminations et de l’Égalité dans le Supérieur (ONDES), la première étude portant sur les discriminations dans l’accès aux formations de niveau master a été présentée publiquement ce mardi 15 février 2022.

L’étude a été pilotée par ONDES et réalisée par une équipe de chercheurs de la fédération TEPP (Théorie et Évaluation des Politiques Publiques) du CNRS et de son groupe de recherche, GEODE (Groupe d’Étude sur l’Origine des Discriminations et sur l’Égalité). 

Cette étude a évalué les discriminations dans l’accès aux formations de l’enseignement supérieur de niveau master selon le critère de l’origine et celui d’une situation de handicap.

Le protocole de collecte des données 

Un test par simples demandes d’information

  • Le mode de recrutement en master repose uniquement sur des candidatures spontanées d’étudiants, lors des sessions organisées chaque année entre les mois de mars et juin.
  • Les applications de candidature sont gérées au niveau de chaque université et ne sont pas centralisées au niveau national.
  • Il est fréquent que les responsables de formation soient sollicités sur les modalités de dépôt d’un dossier de candidature.

Trois candidats fictifs, deux critères de discrimination

L’Observatoire a choisi de tester l’existence d’une discrimination selon une origine d’Afrique du nord, suggérée par le prénom et le nom du candidat, et une situation de handicap moteur : le candidat indique qu’il est en fauteuil roulant.

607 masters testés, dans 19 universités, soit 1821 courriels de demandes d’information.

  • Chaque responsable de formation reçoit les trois demandes d’information, sur une quinzaine de jours.
  • Toutes disciplines, tous domaines, établissements de toutes tailles, localisés partout en France.
  • Dans la deuxième quinzaine du mois de mars 2021, en début de période de recrutement des masters

Les réponses sont codées : elles sont très généralement soit positives (le responsable renvoie à l’adresse du site de candidature), soit sans réponse. Il n’y a pratiquement pas de réponse négative.

Les principaux résultats de l’étude 

  • Le test qui repose sur de simples demandes d’informations met en évidence des différences de traitement dans l’accès aux formations de master selon l’origine des candidats, mais pas selon une situation de handicap. 
  • La pénalité subie par un candidat présumé français qui signale son origine par un prénom et un nom d’Afrique du Nord est de 8,6 points, soit 12,3 % de chances en moins de recevoir une réponse positive à une simple demande d’information.
  • 7% des responsables de formation donnent une réponse défavorable au candidat d’origine maghrébine et favorable au candidat d’origine française.
  • Ces pénalités sont plus fréquentes en Droit et en Science et technologie, plus rares en lettres et Sciences Humaines et Sociales.
  • Mais une analyse toutes choses égales par ailleurs indique qu’il n’y pas vraiment de différence entre disciplines dès lors que l’on prend en compte le degré de tension, la sélectivité et les débouchés professionnels de chaque filière : les filières les plus discriminantes sont les plus attractives.
  • Ces discriminations sont principalement statistiques, liées au manque d’informations sur la qualité des candidats. Elles sont aggravées par l’organisation du recrutement (le responsable qui décide seul) et par les tensions dans les filières.

Cette étude gagnera à être répétée sur un échantillon encore plus large de formations et sur d’autres critères de discriminations. C’est l’une des missions de l’Observatoire National des Discriminations et de l’Égalité dans le Supérieur (ONDES) de l’Université Gustave Eiffel.

Télécharger l’étude

Contact presse

Université Gustave Eiffel
Sandrine DIAGO
Responsable de la marque
sandrine.diago@univ-eiffel.fr
06 25 11 67 61

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